MEDITATION CHEMIN DE L'EVEIL
"Cultivons l'amour et la compassion, ces deux choses qui donnent véritablement un sens à la vie .
Le reste est accessoire."
Le Dalaï Lama
Au cours des siècles des êtres de toutes religions et de tous milieux se sont donnés comme but de dépasser leurs conditions de vie pour accéder à un état supérieur.
Comment accéder au bonheur ?
Le bonheur comme le malheur est un état subjectif, ce qui paraît comme un désastre pour un occidental, car il a selon lui peu de moyen pour vivre, peut paraître comme une joie immense pour un être habitant l’Afrique ou certains pays d’Amérique du Sud.
Il y a malgré tout un devenir qui est commun à tous les êtres, qui est la finalité de la vie.
Même si un homme n’avoue pas qu’il a peur de la mort, il sait qu’un jour il mourra, qu’on soit riche ou pauvre, heureux ou malheureux, personne n’y échappe.
Il ne peut y avoir de naissance sans son opposé qui est la mort. Que l ‘on soit un être religieux pour se rapprocher du créateur, ou si l’on croit à la réincarnation et que l’on veuille se libérer à jamais du cycle des renaissances et de la mort, pour cela il existe la méditation.
On peut méditer sur un sujet précis, comme l’amour, la mort etc.…cette méthode est lente, on peut parvenir à un état supérieur au bout de plusieurs années, ou il existe une voie plus difficile mais beaucoup plus rapide qui permet à tout un chacun de s’éveiller en peu de temps.
Cette méditation qui correspond à la mentalité occidentale a l’avantage de pouvoir être pratiquée à chaque instant qu’elle que soit son activité, et permet à toute personne de bonne volonté d’obtenir les résultats espérés.
Voici donc un extrait de la méthode qui m’a été enseignée il y a de nombreuses années par l’institut Tchan qui se nomme le Tao du Tao.
Le Tao du Tao
Suivre le tao (chemin) qui mène au Tao est simple disait un maître réputé à son disciple : Quand vous avez faim, mangez. Quand vous avez un travail à effectuer, travaillez… -Mais répondit le disciple surpris, c’est bien ainsi que j’agis ! -Non reprenait le maître, lorsque vous mangez votre esprit est à tout autre chose.Et lorsque vous travaillez, vous vous laissez distraire par mille rêves vains.
PROGRAMME DE L'ADEPTE
Afin de libérer son mental conscient d’une tâche qui n’est pas la sienne l’adepte fera en sorte que progressivement, le blocage de ce mental conscient sur ce qui doit être normalement son travail devienne de plus en plus parfait. En conséquence, il s’exercera à nommer en lui même tout ce qu’il ressent consciemment,tout ce qu’il fait consciemment,tout ce qui lui advient et dont il a conscience.
L’adepte libéré de l’ancienne structure atteindra ainsi le tzujan (éveil au Tao) pour peu qu’il se refuse à céder à la paresse intellectuelle qui le ramènerait à son ancienne condition.
A son éveil du sommeil nocturne, l’adepte nommera ce qui lui advient en répétant plusieurs fois : éveillé, éveillé, éveillé… Si, les premiers temps il oublie, ce ne sera pas grave mais il doit conserver en lui la volonté de NOMMER son réveil.
Durant toute la journée, il nommera ainsi chacune de ses activités en décomposant chaque détail et en ayant soin de laisser au verbe employé un sens impersonnel. S’il veut se lever, il dira : intention se SE lever_ et non : intention de ME lever. S’il veut replier ses jambes, s’asseoir sur une chaise, se lever, saisir un vêtement, s’en couvrir, il agira de même. Il doit toujours conserver en lui la volonté de NOMMER chaque détail de sa vie quotidienne.
Il y parviendra en prenant l’habitude de NOMMER chaque oubli dès qu’il remarque qu’il vient d’en commettre un. Il dira : oublié, oublié, et reprendra son observation. S’il veut manger, il NOMMERA : intention de manger, se servir, porter (la nourriture à la bouche) ouvrir (la bouche) goûter, mâcher, avaler. Lorsqu’il travaillera, selon les gestes de son travail, il NOMMERA : tirer, lever, pousser, etc.…
Lorsque son travail sera d’ordre intellectuel,il nommera :travail demandant pensée,et s’abordera dans ce travail sans avoir besoin de continuer à nommer puisque, en raison de la complexité de son occupation, le blocage sur son acte mental se fera par lui même.
Lorsque l’adepte entamera une conversation, il NOMMERA :parler, puis il agira comme le travail intellectuel : il abordera toutes ses facultés conscientes dans la conversation.Après un certain temps, du reste,il s’apercevra du fait, que, sans qu’il les nomme, aucun de ses gestes ne lui échappe quand il converse.
L’adepte devra ainsi NOMMER tout ce qu’il fait et ainsi tout ce qu’il ressent et tout ce qui lui advient. S’il a faim, il NOMMERA, faim,si il a froid, froid.
Si il est irrité,irritation.Décourager,découragement.
Joyeux, joie, etc.Si, pendant un certain temps il lui semble à tort, du reste, qu’il n’a rien à observer, il nommera son mouvement respiratoire : inspiration, expiration.
S’il éprouve, devant une situation particulière le besoin de réfléchir, il NOMMERA : besoin de réfléchir et se plongera dans le sujet qui l’intéresse.
Si la pensée qui est la base de sa réflexion s’est imposée à lui sans lui laisser le temps de NOMMER la réflexion à venir, il NOMMERA après coup : »réflexion passée à l’oubli » L'ADEPTE NOMMERA TOUTE CHOSE DONT IL AURA CONSCIENCE
Lorsqu’il remarquera un spectacle il dira : voir, regarder.Lorsqu’il souffrira physiquement, il NOMMERA : souffrir, puis nommera à la file plusieurs inspirations et expirations en ayant soin de pratiquer les expirations à fond.Lorsqu’il souffrira moralement, il dira : blocage insuffisant et ramènera son attention sur ce qui doit l’occuper dans l’immédiat.
Il n’est possible de donner à l’adepte que des idées générales. Lui seul peut adapter le Tao du Tao à son propre cas.Il comprendra qu’il approche du but (l’éveil) lorsque, même la nuit durant il conservera la conscience de plus en plus claire de lui même.
Au début de son tao, l’adepte oubliera mille choses et de longs moments passeront sans qu’il pense à NOMMER ce qu’il fait ou ce qui lui advient.Cela n’est pas important : avec l’habitude et la bonne volonté, sans fournir un excessif effort qui irait à l’encontre du but recherché, il s’apercevra que tout lui devient facile et qu’il devient capable de nommer, tout naturellement, une foule de choses non citées ici, qu’il fait, qu’il ressent, qui lui adviennent.
L’adepte pensera que sa tâche serait facilité s’il vivait dans la contemplation.Il n’en est rien.Si au cours de ses 8 heures de travail manuel et de ses 4 heures de travail intellectuel quotidiennes il éprouve plus de difficultés et succombe plus souvent qu’un moine contemplatif, il doit savoir que le résultat obtenu est fonction, non du nombre d’observations faites mais de la bonne volonté mise à les faire.
C’est au début de la voie que l’adepte rencontrera des difficultés.Par la suite, elles seront remplacées par un état permanent d’euphorie légère qui annonce l’approche du but.
A ce moment-là, l’adepte devra se méfier de lui même et ne pas succomber à la dernière tentation, celle de mépriser les hommes qui «ne vivent pas, mais se laissent vivre « D’ailleurs lorsque la rive est atteinte, il est recommandé à l’adepte d’abandonner la barque.
L’adepte éveillé n’aura plus besoin de suivre le tao du tao.Pour lui, toutes choses redeviendront ce qu’elles étaient et il vivra comme les autres hommes, ses frères…
Note : NOMMER signifie, évidemment, nommer intérieurement, sans paroles.
UNE AIDE DANS LA VOIE
L’adepte doit emprunter la voie du Tao progressivement, dans se tyraniser.Il existe certaines pratiques qui, lorsqu’elles sont quotidiennes, aident considérablement à progresser dans la voie positive du Tao.
1° La première consiste, tout simplement, à consacrer dix minutes ou un quart d’heure chaque jour à l’observation de l’acte respiratoire. Il s’agit, durant ces minutes, de s’asseoir commodément,le dos droit,les genoux plus bas que le bassin ; de fixer le regard devant soi, à un mètre cinquante environ,et de s’astreindre à observer : »inspiration,expiration,inspiration,expiration etc.…sans se laisser distraire, en principe par quoi que ce soit.
Au début,l’adepte pourra conserver les yeux fermés.Si un bruit ou un spectacle quelconque le trouble dans son observation, il NOMME :entendre-voir…et reprend l’observation sans attacher d’importance à l’incident.
2° La seconde pratique consiste à consacrer 10 minutes ou un quart d’heure à l’observation d’un geste simple.N’importe quel geste peut servir à cet usage mais il doit être décomposé en chacun de ses éléments.La marche,par exemple,elle doit être très lente,et décomposée ainsi : l’adepte nomme :intention de marcher(il s’apprête à lever un pied) lever,projetez,poser.Puis :intention de marcher (c’est à dire lever l’autre pied) etc.. Nommer également les bruits ou spectacles perturbateurs (entendre, voir) et reprendre l’observation sans s’émouvoir pour autant.
3° Une troisième pratique consiste à prendre une allumette et l’enflammer à une bougie en fixant sa pensée sur un sujet défini à l’avance, par exemple la Tour Eiffel, lorsque l’allumette s’éteint, allumer une autre allumette en pensant à un autre sujet, la faim dans le monde par exemple (faire ceci avec 3 allumettes en prévoyant les sujets à l’avance)
Un dernier conseil : Il est tentant de se laisser distraire par des spectacles de toutes sortes, télévision, journaux, les problèmes quotidiens, en laissant sa pensée divaguer d’un sujet à un autre, cependant il faut faire l’effort sur soi même si on veut un jour parvenir à un état de conscience où la peur de la mort ne sera plus qu’un lointain souvenir, avec des efforts, de la volonté, vous parviendrez au but, que la paix soit avec vous…
« Si vous voulez savoir ce que vous étiez dans les vies antérieures,regardez ce que vous êtes actuellement
si vous voulez savoir ce que vous deviendrez dans les vies futures, regardez ce que vous faites maintenant »
Proverbe Tibétain